jeudi 17 mars 2011

La "BM du Seigneur" et "Jimmy Rivière", un début de visibilité du pentecôtisme sur les écrans français

http://q.liberation.fr/photo/id/238046/w/460/m/1296031155/
Dans ma note signalant la sortie de Jimmy Rivière, j'indiquais qu'à ma connaissance aucun film français n'avait jusque-là fait référence, de près ou de loin, au pentecôtisme. Or, il s'en trouve un dont j'ignorais alors l'existence, sorti voilà à peine deux mois, qui met lui aussi en scène un milieu "chrétien" (au sens protestant évangélique du terme, désignant ceux qui, à la suite d'une conversion, ont décidé de "suivre Christ") au sein d'une communauté de gens du Voyage. Il s'agit de La BM du Seigneur de Jean-Charles Hue.





Certes, les différences ne manquent pas entre ces deux films : l'un, Jimmy Rivière, est une oeuvre de fiction assumant pleinement le traitement romanesque de son histoire, avec une mise en scène n'hésitant pas à recourir à certains effets stylistiques pour servir son propos. L'autre est une "docu-fiction" dans laquelle les protagonistes jouent leur propre rôle. Le premier se déroule au sein de la communauté gitane (dans la région de Grenoble), le second chez les Yéniches du Nord de la France, dans le milieu des Voyageurs d'origine européenne. Enfin, à la différence de Teddy Lussi-Modeste, Jean-Charles Hue, le réalisateur de La BM du Seigneur, n'est pas issu de la communauté qu'il présente, même s'il vit en son sein depuis une quinzaine d'années. Cependant, ces films ont tous deux le mérite de donner un peu de visibilité à un mouvement religieux tout à fait incontournable aujourd'hui en milieu tsigane (ou assimilé) en France et dans d'autres pays européens, qui, curieusement, était jusque-là absent des oeuvres cinématographiques  consacrées à ces populations. De plus, un second point commun réside dans le fait que ces deux films rendent compte, semble-t-il, l'un et l'autre, avec intelligence et sans parti-pris de l'expérience pentecôtiste1 et de l'impact de ce mouvement sur les communautés de Gens du Voyage. C'est patent dans le cas de Jimmy Rivière, que j'ai vu en salle voilà quelques jours (je n'ai pas visionné La BM du Seigneur, par contre). Dans un futur article, j'essaierai de développer quelques réflexions à propos du film  de T. Lussi-Modeste que j'ai trouvé tout bonnement excellent, aussi bien d'un point de vue cinématographique que pour ce qui concerne le traitement des thèmes abordés. 

1. Il faut signaler que, dans le cas de la "BM du Seigneur", l'acteur principal, dont le film raconte la conversion, considère qu'il s'agit là de son "témoignage" à destination des non-convertis.



JIMMY RIVIÈRE - Bande annonce




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