jeudi 29 janvier 2015

Les pionniers du pentecôtisme à Madagascar (1)

Jane Collins et Mounir Aziz Daoud
Les quelques sources qui retracent, de façon souvent fragmentaire et parfois confuse, les débuts du pentecôtisme à Madagascar mettent en avant le missionnaire américain d'origine irakienne Mounir Aziz Daoud (1924-2004), présenté comme le pionnier de l'implantation de cette mouvance religieuse dans la Grande Île, à l'instar du pasteur des Assemblées de Dieu (ADD) de France, Aimé Cizeron (1916-2003), pour les Mascareignes. Toutefois, à la différence d'Aimé Cizeron, Mounir Aziz Daoud ne fut pas le seul acteur important de cette oeuvre d'évangélisation dans les années 1960. D'autres missionnaires venus de l'étranger, de nationalité américaine, brésilienne ou suédoise, ont contribué à l'implantation et à l'expansion pentecôtiste à Madagascar et méritent d'être mis en lumière, à commencer par l'évangéliste texane Jane Collins (1912-1999), épouse de M.A. Daoud.



Miracles and Missions Digest, n° 1, mars 1956
On trouvera dans l'article sur le pentecôtisme à Madagascar (accessible en ligne par un lien permanent dans le volet droit de ce blog ou en lien direct ici), divers détails concernant la biographie de Jane Collins Daoud. Ces données proviennent notamment de l'édition commémorative pour le cinquantenaire d'une revue créée en 1956 par les époux Daoud dans le cadre de leur ministère conjoint : Miracles and Missions Digest (voir ici la version disponible en ligne). Il ressort de ces éléments que Jane Collins était, au moins dans les premiers temps de ce ministère d'évangélisation conjoint créé dès 1953 sous le nom de The Voice of Miracles and Missions (aujourd'hui International Bible Association), l'élément prépondérant du couple. Jane Collins est en effet une missionnaire déjà aguerrie, ayant séjourné six ans au Pérou mandatée par les ADD des Etats-Unis, lorsqu'elle rencontre en 1952 lors d'une "croisade" d'évangélisation en Egypte, Mounir Aziz Daoud, un jeune converti de douze ans son cadet (il faut dire que, contrairement à la situation en France, les ADD des Etats-Unis ont accepté dès leur fondation en 1914, des femmes comme évangélistes ou missionnaires, leur ouvrant même le ministère pastoral dès 1935, même si dans les faits, la fonction pastorale est restée jusqu'à aujourd'hui très largement sous domination masculine).

Avec Jane Collins, on est bien loin de la figure subalterne de l'épouse discrète, sans statut reconnu, réduite à seconder son époux dans le cadre du ministère de ce dernier, comme c'est encore le cas aujourd'hui dans le cadre des ADD de France. L'évangéliste texane s'inscrit en fait dans la lignée des prédicatrices pentecôtistes nord-américaines réputées telles que la canadienne Aimee Semple McPherson (fondatrice de l'Eglise internationale Fousquare) ou l'américaine Kathryn Kuhlman. Comme évangéliste-missionnaire célibataire, elle prêche devant des auditoires de milliers de personnes en Egypte et en Ethiopie en 1952, mais aussi, une fois mariée, en Inde en 1953-1954. C'est elle aussi qui harangue les foules malgaches dès les premières grandes conférences publiques organisées en 1961 dans les environs d'Antananarivo et au marché de Fenoarivo (voir vidéos ci-dessous). Et lorsque, après avoir fondé, en juillet 1963, la toute première Eglise pentecôtiste à Madagascar, connue sous le nom de Jesosy Mamonjy (Jésus Sauve), les époux Daoud mettent en place une école biblique pour former les futurs pasteurs malgaches de l'Eglise en question, c'est Jane Collins qui, forte de son bagage théologique acquis dans le cadre des ADD, délivre les enseignements.









Le ministère conjoint instauré par les époux Daoud dans un but d'évangélisation mondiale des masses ne peut manquer d'évoquer celui d'un autre couple d'évangélistes charismatiques nord-américains itinérants dont la réputation s'établit à la même époque  : Daisy Washburn (1924-1995) et Tommy Lee Osborn (1923-2013). Jane et Mounir Aziz Daoud s'inscrivent en fait comme les Osborn dans le courant initié vers le milieu des années 1940 par divers "Faith Healers" américains indépendants (A.A. Allen, Paul Cain, Oral Roberts, etc.) dans le sillage des prédications du "prophète" nord-américain William Marrion Branham. Bien qu'issue des ADD - lesquelles ont rejeté très tôt les enseignements de Branham - Jane Collins semble en effet avoir été proche de ce courant de la "guérison par la Foi", précurseur de la "troisième vague" du (néo)pentecôtisme mondialisé des années 1970-1980. Ainsi le journal The Voice of Healing, canal d'expression de ce courant, se fit l'écho des campagnes d'évangélisation de Jane Collins alors qu'elle était encore célibataire (voir ici), puis des premières "croisades" missionnaires du couple Daoud à partir de 1953 (lien ici ou ici).


1 commentaire:

  1. ce sont les meilleurs et vrai prédicateur que je connaissent, maintenant ils sont au paradis, ces doctrines sont gravés dans mon coeur!
    je vous invite tous à suivre ses chemins menant au ciel,alelouia!

    RHMD

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